Lever ses barrières mentales et émotionnelles : ce que vos blocages vous disent

Illustration de l'article Quand votre subconscient est activé, votre vie se transforme

Lever ses barrières mentales et émotionnelles : ce que vos blocages vous disent

Une barrière mentale est une conviction sur vous-même qui vous retient sans que vous la voyiez, comme « je n’en suis pas capable ». Un blocage émotionnel est une émotion que vous n’avez pas pleinement vécue, et que vous évitez de ressentir à nouveau. Les deux donnent la même impression : vous voulez avancer, et vous restez sur place. Ce sentiment d’être bloqué est justement ce qui vous permet de les repérer. Comme je l’écris dans mon livre Osez douter ! : « C’est à travers nos blocages que nous pouvons reconnaître nos convictions. » Je vous montre ici comment les reconnaître, puis comment les lever, l’une après l’autre.

En vidéo : comment changer quand on est bloqué par la peur et les doutes

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Se sentir bloqué : ce que le blocage vous montre

Vous voulez avancer. Vous avez des projets, dans votre vie professionnelle, sociale ou sentimentale. Vous savez que vous avez du potentiel. Et pourtant, vous faites un pas en avant, deux en arrière. Vous procrastinez. Vous faites du sur-place.

Ce sentiment est désagréable, mais il contient une information. Derrière chaque blocage, il y a une intention positive : quelque chose que vous voulez et qui n’arrive pas à se réaliser. Vos émotions vous aident à la trouver. La colère, la frustration, le désarroi vous montrent l’endroit où votre situation actuelle ne vous convient plus.

Un jour, pendant un atelier, j’ai demandé aux participants ce qui les empêchait de réaliser leur intention. Ils m’ont répondu : la pression sociale, la peur, la procrastination, la timidité, les frustrations du passé, le manque d’argent, la peur de regretter leurs choix, l’opinion des autres.

Toutes ces réponses ont un point commun : elles sont le fruit d’un conditionnement. Certaines relèvent du mental, d’autres de l’émotionnel, et souvent les deux se tiennent.

Prenez une feuille. Notez une chose que vous n’arrivez pas à réaliser. Puis demandez-vous : qu’est-ce qui m’empêche de réaliser cette intention ? Gardez cette feuille, elle va vous servir plus bas.

Les barrières mentales : la simulation de votre cerveau

Quand vous envisagez un changement, votre cerveau lance une simulation. C’est son travail : il cherche les risques, pour vous protéger. Il puise dans votre mémoire tout ce qui ressemble à un danger.

Le résultat de cette simulation prend la forme de pensées. « Je n’en suis pas capable. » « J’ai déjà essayé. » « C’est trop difficile. » « Ce n’est pas sous mon contrôle. » Il prend aussi la forme de ressentis : la peur de l’échec, du jugement, du rejet, l’anxiété de ne pas être à la hauteur. Et vous mettez fin à votre projet, avec d’excellentes raisons.

Ces convictions viennent de votre histoire. En 1920, les psychologues John Watson et Rosalie Rayner ont conditionné un bébé de 11 mois, connu sous le nom de « petit Albert », à avoir peur d’un rat blanc qu’il touchait sans crainte auparavant : chaque fois qu’il approchait la main du rat, un bruit violent retentissait derrière lui. La peur s’est ensuite étendue à d’autres choses à fourrure, comme un lapin, un chien ou un manteau. Cette expérience est aujourd’hui critiquée, à juste titre, pour son éthique et pour sa méthode, puisqu’elle porte sur un seul enfant. Elle illustre pourtant une idée simple : une peur peut s’apprendre, puis s’étendre bien au-delà de sa cause.

Vos barrières mentales se forment de la même manière. Un jour, une expérience vous a fait conclure quelque chose sur vous, par exemple « quand je prends la parole, on se moque de moi ». La conclusion est restée. Elle s’applique aujourd’hui à des situations qui n’ont plus rien à voir.

Et votre cerveau se trompe souvent. Pensez aux illusions d’optique : deux personnages de la même taille vous paraissent différents, jusqu’à ce que vous preniez une règle pour les mesurer. Ce n’est pas parce que la simulation dit « c’est impossible » que c’est le cas. Cela se vérifie.

Les barrières émotionnelles : l’émotion qui n’a pas été pleinement vécue

Une émotion est une information que vous captez et qui se ressent dans le corps. Normalement, elle vous traverse. Mais il arrive qu’elle s’arrête en route : sur le moment, c’était trop, alors vous avez coupé.

Quand une émotion n’a pas été pleinement vécue, elle continue d’exister en vous. Chaque situation qui ressemble à la première la réveille. Et pour ne pas la ressentir, vous évitez ces situations. Voilà ce qu’est un blocage émotionnel, au quotidien : la conversation que vous repoussez, l’opportunité que vous laissez passer, la relation où vous restez sur vos gardes.

Imaginez une jeune fille qui s’est sentie abandonnée par son père à 13 ans. Adulte, elle rencontre quelqu’un. Sans le vouloir, elle guette tous les petits signes qui montreraient qu’il va partir. À force de chercher, elle les trouve. L’abandon devient le thème de sa vie, et elle finit par conclure que les hommes finissent toujours par partir. C’est ainsi que se forment beaucoup de schémas répétitifs.

Fuir l’émotion soulage sur le moment. Mais la charge reste, et la vie vous la rappelle à chaque occasion. On devient une cocotte-minute.

Ce que je décris ici relève du développement personnel. Si une émotion vous submerge, ou si un blocage est lié à un vécu lourd, faites-vous accompagner par un professionnel de santé.

Comment lever une barrière mentale : questionner la conviction

Reprenez votre feuille. Vous avez noté ce qui vous empêche de réaliser votre intention. Faites maintenant apparaître la conviction qui se cache derrière, y compris dans l’histoire que vous vous racontez sur qui vous êtes. Depuis quand avez-vous cette croyance ?

Puis questionnez-la, avec les questions que je propose dans Osez douter ! :

  • Est-ce que c’est la seule réalité possible ?
  • Est-ce que je suis sûr à 100 % que c’est vrai ?
  • Est-ce qu’il existe au moins une personne dans l’histoire de l’humanité qui avait cette croyance, et qui un jour a réussi à surmonter ce blocage ?
  • Est-ce qu’il existe un contre-exemple à cette croyance, au moins un jour dans ma vie ?

Cherchez ensuite d’autres explications, plus positives et plus fortes, à ce qui vous retient. Écrivez sur une seconde feuille la conviction opposée, et toutes les raisons pour lesquelles elle peut être vraie. Froissez la première feuille, déchirez-la. Gardez la seconde.

Une nouvelle conviction ne s’installe pas en un exercice. Affirmez-la, répétez-la, et surtout, créez au quotidien des situations qui la confirment. Quand elle fait partie de votre identité, le changement durable a eu lieu.

Retenez les trois étapes. D’abord, c’est peut-être possible. Ensuite, je suis conditionné à penser ainsi. Enfin, je suis capable d’adopter une nouvelle conviction.

Comment lever une barrière émotionnelle : se laisser traverser

Pour une barrière émotionnelle, réfléchir ne suffit pas. Comprendre d’où vient votre peur ne la fait pas disparaître. Il faut aller la vivre, cette fois jusqu’au bout. C’est ce que j’appelle le lâcher prise.

Dans le parcours Exprimer son plein potentiel, le protocole de lâcher prise tient en cinq étapes :

  1. Identifier l’attachement : la situation, la personne ou l’histoire à laquelle vous vous accrochez.
  2. Identifier le sentiment désagréable qui se trouve sous cet attachement, et qui n’a pas été pleinement vécu.
  3. Formuler l’intention de lâcher prise.
  4. Vous laisser entièrement traverser par ce sentiment, sans lui résister.
  5. Changer l’histoire : accepter, pardonner, ressentir de la gratitude.

Un geste simple aide à commencer : nommer ce que vous ressentez. En 2007, une équipe de l’université de Californie à Los Angeles, menée par Matthew Lieberman, a montré des photos de visages en colère ou effrayés à des volontaires. Quand ils choisissaient le mot qui décrivait l’émotion, l’activité de l’amygdale, une région du cerveau liée aux réactions émotionnelles, diminuait. Lieberman précise lui-même que l’effet est modeste. C’est un premier pas : on ne peut pas se laisser traverser par une émotion que l’on refuse de regarder.

Avancer avec la peur

Lever une barrière ne veut pas dire ne plus avoir peur. Les personnes qui avancent ne sont pas naïves. Elles connaissent leurs limites, elles ont peur, et elles décident quand même d’avancer vers ce qui compte pour elles, parce que c’est nécessaire.

Ce qui les fait tenir, c’est l’endroit où elles portent leur attention. Quand vous regardez l’obstacle, abandonner est un soulagement. Quand vous regardez la destination, abandonner devient une souffrance.

Le chercheur Curt Richter, à l’université Johns Hopkins, a décrit en 1957 une expérience sur des rats plongés dans l’eau. Beaucoup cessaient de nager très vite. Ceux qu’on avait sortis de l’eau un moment, puis remis, tenaient bien plus longtemps. Pour Richter, une fois le désespoir levé, les rats ne renonçaient plus : ils avaient appris que la situation avait une issue.

Ne fuyez pas la peur. Traversez-la.

Ce qui change quand vos barrières se lèvent

Une barrière levée libère de l’énergie, celle que vous mettiez à éviter certaines situations et à vous en justifier. Cette énergie devient disponible pour ce qui compte.

C’est le sens de mon travail : je vous aide à exprimer votre plein potentiel en levant vos barrières mentales et émotionnelles. Dans une vie exigeante, on voit souvent le travail émotionnel comme un détour. Pour moi, c’est un levier de performance : il fait souvent la différence entre ceux qui stagnent et ceux qui avancent.

Comprendre ne suffit pas : ce qui change une vie, c’est ce qu’on pratique. Si vous avez déjà beaucoup compris sur vous et que le même blocage revient, commencez par le nommer avec le test gratuit Découvrir votre schéma. En 5 minutes, il vous aide à identifier le schéma qui se répète dans votre vie, et la nouvelle réalité que vous voulez créer à la place.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’une barrière mentale ?

Une barrière mentale est une conviction sur vous-même, souvent inconsciente, qui limite ce que vous osez tenter : « je n’en suis pas capable », « ce n’est pas pour moi », « j’ai déjà essayé ». Elle s’est formée à partir de votre histoire, à un moment où elle vous protégeait. Elle se reconnaît à travers vos blocages, et elle se questionne.

Qu’est-ce qu’un blocage émotionnel ?

Un blocage émotionnel est une émotion qui n’a pas été pleinement vécue, comme une peur, une honte ou une culpabilité, et que vous évitez de ressentir à nouveau. Pour l’éviter, vous évitez aussi les situations qui la réveillent. Le lâcher prise consiste à vous laisser traverser par cette émotion, jusqu’au bout, pour qu’elle ne décide plus à votre place.

Pourquoi est-ce que je me sens bloqué dans ma vie ?

Vous vous sentez bloqué quand une intention positive, quelque chose que vous voulez vraiment, se heurte à une conviction ou à une émotion qui vous retient. Le blocage est une information : il vous montre à la fois ce que vous désirez et ce qui vous en sépare.

Comment savoir si j’ai un blocage psychologique ?

Je ne pose pas de diagnostic, et ce n’est pas le rôle d’un article. En développement personnel, on parle de blocage quand vous voulez quelque chose, que vous savez quoi faire, et que vous n’y arrivez pas, encore et encore, dans le même domaine. Si ce blocage s’accompagne d’une souffrance qui dure, d’une anxiété forte ou de troubles du sommeil, parlez-en à un médecin ou à un psychologue.

Peut-on lever ses blocages seul ?

Oui, en partie. Questionner une conviction, nommer une émotion, poser un acte qui contredit votre ancienne histoire, tout cela se pratique seul. Mais quand on est seul, on peut vite tourner en rond, surtout avec les blocages que l’on porte depuis longtemps. Un accompagnement et un groupe qui soutient votre démarche aident beaucoup.

Quelle différence entre une barrière mentale et une barrière émotionnelle ?

La barrière mentale est une pensée : une conviction sur vous ou sur le monde. La barrière émotionnelle est un ressenti : une émotion restée bloquée dans le corps. Les deux se nourrissent l’une l’autre. On lève la première en la questionnant, la seconde en la vivant pleinement.


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